Turquie : Erdogan inaugure le pont a la plus grande portée du monde

Ce pont gigantesque s’inscrit dans la lignée des grands travaux entrepris par le président turc dans la mégalopole de 18 millions d’habitants.

 Ce pont qui enjambe le Bosphore - le majestueux détroit séparant les rives européenne et asiatique de l'ancienne Constantinople - est « le plus spectaculaire construit ces dernières années », selon son concepteur français Michel Virlogeux, déjà à l'origine du viaduc de Millau.

D'une hauteur de 323 mètres, cet édifice situé au débouché de la mer Noire a la caractéristique d'être à la fois suspendu et haubané, c'est-à-dire maintenu par des câbles en acier, à l'image du célèbre pont de Brooklyn à New York construit au XIXe siècle. Il possède la plus grande portée du monde avec 1.408 mètres entre ses deux pylônes, tandis que sa structure porteuse est large de près de soixante mètres. Il abrite deux voies ferrées et huit voies routières.
Un nom controversé

Construit à vitesse grand V (trois ans et demi), le pont a coûté près de 800 millions d'euros. Il porte le nom d'un sultan ottoman du XVIe siècle célèbre pour ses conquêtes militaires en Syrie, en Palestine, dans la péninsule Arabique et en Egypte, où il déposa le calife Al-Mutawakkil III en 1517 après avoir mis à genoux le régime des Mamelouks.

Avec ce pont, les autorités espèrent décongestionner Istanbul. En 2015, l'ancienne capitale des empires byzantin et ottoman figurait à la première place des villes les plus embouteillées de la planète, selon les données recueillies par le navigateur GPS Tom Tom. Mais, pour les opposants au projet, ce pont risque d'étendre les problèmes de trafic plutôt que de les résoudre. Ils dénoncent en outre son coût écologique car les autoroutes reliant les deux rives de la ville traversent la forêt de Belgrade, rare espace vert de cette mégalopole de 18 millions d'habitants.
Projets en cascade

Lors de la dernière décennie, les projets titanesques se sont multipliés à un rythme effréné à Istanbul. A la manoeuvre : Recep Tayyip Erdogan et ses proches. Le natif du quartier populaire de Kasimpasa, qui n'a jamais aimé la capitale Ankara, souhaite faire d'Istanbul un hub puissant au carrefour de l'Europe, l'Asie, le Moyen-Orient et l'Afrique.