Restauration des salles de Cinéma : Un «partenaire franco-belge»

En effet, l’annonce est intervenue après que le ministre eut révélé, en juin dernier, que sur près de 400 salles de cinéma officiellement dénombrées à travers le pays, 95% n’étaient pas fonctionnelles, voire même utilisées en tant qu’espace de projection. Azzedine Mihoubi qui a déclaré à ce sujet depuis Béjaïa : «Nous sommes en négociations avec un partenaire franco-belge afin de restaurer certaines salles», a, par ailleurs, annoncé que cette opération de restauration et de mise à niveau des salles de cinémas permettrait de ré-équiper dans un premier temps en matériel moderne certaines salles des villes les plus peuplées du pays.

«L'opération (de restauration) sera conduite de façon progressive. Elle concernera d’abord Alger, Oran et Sétif et sera étendue ultérieurement à d’autres centres urbains dont Béjaïa (et) toutes les salles visées seront pourvues de conditions de projection optimales et dotées de moyens techniques performants», dira-t-il.

N’abordant néanmoins pas la question du montant ni de la nature du financement de ce programme de mise à niveau de l’un des maillons de l’industrie cinématographique qui «connaît une marginalisation qui perdure depuis un quart de siècle», dira le ministre, la nouvelle politique «cinéma» du secteur de la culture, détaillée à plusieurs occasions par le ministre Azzedine Mihoubi, vise cependant à associer de plus en plus les investisseurs privés, notamment en ce qui concerne la future «Cité du cinéma» ou encore pour la construction et la gestion de multiplexes. Et à ce titre, parlant d’un «engouement certain» pour cette idée, en en révélant lundi, sans plus de détails, que le ministère de la Culture avait déjà reçu de nombreuses demandes d’investissement portant sur la réalisation de salles ou de studios de cinéma, il est à ajouter que le ministre da la Culture a insisté sur la dimension économique que pourrait apporter chez nous l’industrie du cinéma, s’appuyant notamment sur l’exemple d’autres pays. «Beaucoup de pays vivent des prestations et des revenus de leurs produits culturels. Certains en puisent l’essentiel de leurs rentrées (…) Le Nigeria couvre 40% du marché africain», abondera-t-il dans ce sens. Quant à la question de la tarification des billets, et en confirmant d’une certaine façon le véritable tournant que semble amorcer la politique culturelle du pays, basée jusque-là sur une gratuité presque totale, le ministre déclarera à ce sujet : «Il faut reconsidérer les entrées gratuites», soulignant au passage le changement de comportement du public algérien qui n’hésite plus à payer 300 ou 400 DA, voire plus pour assister à un spectacle ou une projection de film. Un phénomène constaté dernièrement lors de la présentation à Alger d’œuvres cinématographiques simultanément avec leur sortie mondiale ou encore lors d’un récent spectacle de musique classique au TNA qui a vu la vente des 700 billets, «un signe positif», commente Azzedine Mihoubi.

Par ailleurs, si le futur programme de réhabilitation avec un «partenaire franco-belge» devrait concerner dans un premier temps les grandes salles du pays, il est également à rappeler que le ministère de la Culture travaille actuellement à récupérer la gestion des salles communales en échange du financement de leur équipement de projection par le ministère, le but étant ici de récupérer au moins deux salles par wilaya, avait précisé le ministre.