Le graphène va bouleverser le marché des liseuses

En plus de présenter de meilleures propriétés physiques, la technologie à base de graphène évite l’utilisation de l’Indium, un élément rare et polluant à recycler.
Les écrans des liseuses électroniques vont enfin connaître une belle amélioration technologique ! Une entreprise chinoise, Guangzhou OED Technologies, annonce être sur le point de commercialiser les premiers écrans de type encre électronique – noir & blanc – à base de graphène, selon nos confrère d’Engadget.

Ce dérivé de carbone est intéressant à plus d’un titre puisque ce matériau est tout à la fois peu cher, très fin, très résistant et bien moins polluant à produire et recycler que les composés actuellement employés. Il offrirait aussi, selon la société établie dans la province de Canton, Chine, un meilleur confort de lecture que l’encre électronique classique car sa transmittance – sa capacité à laisser passer la lumière – serait meilleure que celle de la technologie concurrente.

Le graphène, ce champion du monde

Avec un faible taux de renouvellement matériel, la compétition qui entoure les produits à base d’encre électronique – essentiellement les liseuses - est faible et les innovations rares. Pour preuve, le dernier modèle d’Amazon, l’Oasis, dispose du même écran PaperWhite que sa prédécesseur, qui tire elle-même son écran d’un modèle précédent.
La technologie au graphène de Guangzhou OED Technologies pourrait remettre l’encre électronique non seulement dans les liseuses mais aussi dans les objets connectés où les propriétés physiques du matériaux pourraient lui conférer des avantages décisifs. Car outre sa conductivité et sa finesse – une couche de graphène de mesure que 0,335 nm (oui, nanomètre !) – le graphène est tout à la fois le matériau le plus léger et le plus solide connu. Les barrages à son développement venaient essentiellement de ses coûts prohibitifs de production, des coûts qui ont suffisamment baissé pour entrevoir les premières exploitations industrielles.

Se passer de l’indium

Si des entreprises comme le chinois OED Technologies se donnent tant de mal pour développer les écrans au graphène, ce n’est pas pour la beauté de la science, mais pour se passer de l’indium.


Ce métal pauvre employé aussi dans de nombreux types d’écrans a en effet deux inconvénients : avec l’explosion de la demande en dalles, il est devenu de plus en plus rare et son prix a été multiplié par 10 en quinze ans. Et s’il ne représente pas de menace en tant que tel son recyclage, rendu nécessaire par sa raréfaction, est un processus hautement polluant. Entre les contraintes de coût et les normes environnementales, heureusement de plus en plus coercitives, le caractère inerte, (théoriquement) économique et écologique du graphène en fait le matériau de remplacement rêvé.

Selon OED Technologies, on devrait voir arriver les premiers produits à intégrer un écran e-ink au graphène en fin d’année.