Les cinq grandes recommandations du FMI à l’Algérie

Jean-François Dauphin, Chef de mission du Fonds monétaire international (FMI) pour l’Algérie, s’est exprimé, mardi 9 août, sur sa récente visite dans le pays en juillet dernier. Il révèle notamment les cinq suggestions du FMI « pour doper les perspectives de croissance de l’Algérie ».

« Nous avons rencontré un grand nombre d’interlocuteurs, notamment des ministères des Finances, du Commerce, de l’Industrie, de l’Énergie, de la Banque centrale, ainsi que des représentants du plus grand syndicat du pays et de la principale association d’entreprises, afin d’analyser ensemble les moyens par lesquels l’Algérie peut refaçonner son économie, pour créer davantage d’emplois et favoriser une croissance inclusive », raconte Jean-François Dauphin, qui occupe également le poste de Chef de la division Maghreb du Département Moyen-Orient et Asie centrale du FMI.

Le Chef de mission du FMI indique avoir désigné aux autorités deux piliers sur lesquels se baser pour que l’Algérie résiste au choc externe causé par l’effondrement des cours des hydrocarbures. Le premier pilier doit être un rééquilibrage budgétaire « visant à rétablir la santé de l’économie en résorbant les déficits public et extérieur ». Le second consiste en « de vastes réformes structurelles, des mesures qui contribuent à libérer le potentiel du secteur privé, à diversifier l’économie, et à favoriser durablement une plus forte croissance et davantage d’emplois ».

Jean-François Dauphin explique par la suite que le FMI a émis cinq grandes suggestions « pour doper les perspectives de croissance de l’Algérie ». Elles concernent l’amélioration du climat des affaires en allégeant les lourdeurs bureaucratiques ; le renforcement de la gouvernance économique, la transparence, et la concurrence ; l’amélioration de l’accès au financement et développer les marchés de capitaux ; l’ouverture de l’économie aux échanges commerciaux et aux investissements étrangers ; et enfin l’amélioration du fonctionnement du marché du travail « tout en assurant la protection appropriée des travailleurs, et garantir la bonne adéquation entre les qualifications assurées par les systèmes d’enseignement général et professionnel, et les compétences recherchées par les entreprises ».

Le Chef de la mission du FMI pour l’Algérie considère enfin que le pays a devant lui « une occasion exceptionnelle de se concentrer sur la mise en œuvre de ces réformes essentielles et de refaçonner ainsi son économie sur un modèle plus pérenne, plutôt que de rester tributaire de réserves pétrolières qui risquent d’être épuisées d’ici vingt ans ». Selon lui, l’Algérie « mérite d’être découverte […] Mais pour cela, il faut les bonnes incitations et un climat propice au développement du secteur privé », conclut-il.